Education - formation professionnelle et emploi

100'000 CHF

En cours

2019

Ranong Kho Lao

Les Moken sont une minorité ethnique, des  gitans des mers nomades, qui se sont sédentarisés sur une petite île de la mer d’Andaman complètement dévastée lors du tsunami de 2004.  Ils ont été découverts juste après souffrant de malnutrition et infestés par la vermine, mourant de faim. Tout comme leurs ancêtres, ils continuent de pêcher en apnée, lance à la main. Ils utilisent également actuellement des filets. Ces nageurs d’exception vivent pour la plupart en dessous du seuil de pauvreté absolue. Aujourd’hui, tous les enfants sont scolarisés et vont bien. Une première génération éduquée arrive en fin de cursus scolaire et la plupart ne sont pas citoyens inscrits (pas de carte d’identité).  Ils n’ont par conséquent pas accès à la formation ni à l’emploi ni même aux soins. Lorsqu’ils trouvent un emploi, ce sont surtout dans les bars que les jeunes filles sont exploitées et maltraitées et les garçons sont engagés pour pêcher à la dynamite pour le compte de gens peu scrupuleux ! La Fondation J&O souhaite intervenir en offrant à ces jeunes une formation professionnelle dans la gestion des déchets. Les ordures dans cette région représentent un problème difficile que nous contribuerons à résoudre, motivés par l’intérêt direct qu’il représente pour notre mission. Tout en assainissant ce territoire, nous y apporterons  formation professionnelle, emploi, intégration et éducation, le tout dans une logique de développement durable. Notre angle d’approche s’intègre parfaitement dans l’Agenda 2030 des Nation Unies et ses 17 objectifs de développement durable qui tiennent compte équitablement de la dimension économique, de la dimension sociale et de la dimension environnementale du développement durable. Le projet s’articule en 3 programmes :

  1. Notre projet Moken Guardians of the Sea pour objectif de convaincre les Moken de collecter les plastiques/déchets en mer lorsqu’ils pêchent. Notre entreprise sociale est prête à leur acheter les plastiques collectés. Nous sommes actuellement à la recherche de possibilités de valorisation des plastiques, ce qui n’est pas facile. Ces derniers sont considérés comme sans valeur pour le recyclage classique. Des pistes existent cependant. Nous sommes en contact avec un groupe espagnol actif dans la mode durable. Des partenariats avec deux groupes pétrochimiques thaïlandais sont également envisagés.
  2. Une petite entreprise sociale a été créée à Ranong, laquelle loue un hangar qui fait office de banque de déchets. Pour le moment, nous nous concentrons sur la récolte de plastique et de papier. Des partenariats sont établis avec les écoles et les producteurs de papier comme les tribunaux, les magasins, et les temples. Les jeunes Moken peuvent y apprendre les métiers du déchet mais aussi la communication, l’utilisation des réseaux sociaux, le marketing et la protection de l’environnement.
  3. Fédérer les petits métiers, chiffonniers et ferrailleurs de la région de Ranong en les encourageant à rejoindre notre réseau et vendre leur collecte de déchets à notre entreprise sociale. Ceci permet de valoriser et structurer leur activité tout en leur fournissant de bonnes conditions de travail.

Perspectives : il s’agit d’un projet pilote pour la Thaïlande. En cas de réussite, les autres groupes de personnes économiquement et socialement marginalisées (immigrés, prostitués, patients atteints du SIDA) peuvent suivre cet exemple.